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Widow’s bay : apple tv séduit avec un thriller horrifique inattendu

Apple TV, souvent critiqué pour son manque d'originalité et de séries capables de captiver une audience aussi large que Severance, pourrait bien avoir trouvé son prochain bijou. Widow’s Bay, une nouvelle série d’horreur mêlée de comédie, s’annonce comme une bouffée d’air frais dans un paysage télévisuel saturé de récits sur des hommes d’âge mûr en quête de sens.

Une fusion audacieuse de genres

Une fusion audacieuse de genres

L'œuvre, clairement inspirée par Stephen King, réussit l'exploit de jongler avec l'humour noir et la terreur de manière surprenante. C'est un exercice périlleux, rarement maîtrisé, mais Katie Dippold, la créatrice de la série, semble avoir les cartes en main pour mener à bien ce pari risqué. Son expérience hollywoodienne, forgée dans les cuisines de Mad TV, Ghostbusters (la version entièrement féminine) et Parks & Recreation, lui confère une sensibilité unique pour naviguer entre l'absurde et le macabre.

Le récit suit Tom Loftis (Matthew Rhys), le maire ambitieux de Widow's Bay, un port insulaire du New England, qui rêve de transformer sa ville en une nouvelle version de Martha’s Vineyard. Un objectif noble, mais qui se heurte à une réalité bien plus sombre : l'île est maudite. Chaque recoin de Widow’s Bay semble abriter une tragédie, et les phénomènes paranormaux sont légion, défiant toute explication rationnelle. La série ne se contente pas de suggérer l'horreur ; elle la dépeint avec une intensité qui rappelle, par moments, IT : Chapitre Deux, libéré des contraintes de la propriété intellectuelle.

Dès le premier épisode, l'atmosphère est pesante. Lors d'une rencontre avec une journaliste du New York Times, le gardien du musée historique de l'île ne manque pas de souligner, avec un certain orgueil, que Widow's Bay a honné ses sorcières du XVIIe siècle, contrairement à Salem. L’air que l’on respire est chargé de mauvais augures, illustré par des articles de journaux macabres relatant des événements aussi étranges que terrifiants : un prêtre dévoré par une baleine, du cannibalisme au sein de la maison de Dieu. L'histoire de Widow's Bay est, pour le dire avec élégance, un véritable nid à problèmes.

L'humour, subtil et pince-sans-rire à la Parks & Recreation, contraste de manière saisissante avec les moments de terreur pure. Le casting est excellent, avec un Matthew Rhys impeccable dans le rôle du maire cynique et désabusé, et Stephen Root, véritable camée, incarnant Wyck Crawford, un habitant endogame obsédé par la malédiction de l'île. La scène où Wyck explique les différentes étapes de la malédiction, ponctuée d'une remarque sur les